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Interviews, Rider Focus

Thibault Parise – Un petit bonhomme au pays du gigantisme

28 Juin , 2016  

Méconnu de la jeune génération, on ne pouvait plus l’ignorer et passer à côté de lui. Ce mec on l’aime bien. Il est sympa, il skate fort, il a la niaque et aujourd’hui il tente une aventure nouvelle. Rider complet, il est aujourd’hui businessman en ayant créé sa propre marque. Focus sur l’homme au petit camion jaune, Thibault Parise.

As-tu déjà compté tes années de pratique de skateboard (toutes tailles confondues) ?

Pas vraiment en fait. J’ai commencé le skateboard en 1999, après avoir vu les X-Games avec une bande de potes. Après 2 ans de skate en shortboard, j’ai acheté une Sector 9 40inch avec en tail pour carver en descente et me déplacer.

Tes premiers pas chez Sector 9 – Comment ça s’est fait ? Histoire d’amour ou simple coup de bol ?

Mon histoire est un peu particulière avec Sector 9. Le distributeur était un client de mon père (plombier) et quand j’ai commencé le skate, mon père a de suite fait le lien. Ma passion pour le skate m’a rendu curieux et m’a donné suffisamment de motivation pour progresser et essayer de faire ma place au sein de la marque. Sly, distributeur de Sector 9 en France, m’a petit à petit amené sur les événements, aidé à avoir mes boards et accessoires, puis le temps a fait que nous sommes partis à San Diego en 2005 pour ma première fois. De fil en aiguille, entre progression en skateboard, parutions dans les magazines, podiums en compétition, événements et pas mal de coups de main, j’ai dégoté un stage en entreprise dans la boite qui a fini par m’embaucher. Je dirais donc qu’il y a de la chance, mais ma volonté, ma passion et mon travail de fond ont fait qu’aujourd’hui la marque Sector 9 est une partie de moi et que nous avons une histoire forte.

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Question délicate  – comment définis-tu le « skateboarder » ? Le longboarder peut-il être considéré ainsi ?

Hahah… Alors je vais donner mon point de vue, suite à mon expérience, ce que j’ai vécu, ce que j’ai vu et vois encore aujourd’hui – le skateboarder est celui qui va skater les spots avec sa board, que ce soit en street, bowl, rampe. Il va s’éduquer à travers des magazines, des événements, des sessions et tout ce qui fait qu’il se forge une culture. Seul ou entre potes, le skateboard est son moyen d’expression, pour ensuite devenir son style de vie. Il ne fait pas ça pour attirer l’attention, être sponso, mais pour lui. La progression est sa satisfaction. Après, oui il y a des poseurs, ou autres, mais je pense ce qui définit le skateboarder c’est son style de vie à travers la scène quelle soit locale, nationale ou autre. Concernant le longboarder, c’est pour moi le mec avec son casque et gants qui va rider les descentes, ou le mec qui va faire du dancing. Il y a aussi celui qui cruise. Bref, la plupart des longboarders que je vois et rencontre, veulent être sponsorisés ou font ça parce que c’est tendance (pour une majorité). Mais il y a aussi les “cores”. Beaucoup de riders en longboard passent leur temps sur les forums, le web, parler technicité des produits (shapes, roues,…) et ne connaissent pas vraiment l’histoire du skate et sa culture. Bref, un autre monde par rapport au skateboard. Pour conclure, le longboarder va passer plus de temps sur le web, à parler techniques ou autre, alors que le skateboarder va acheter sa planche et rider, passer plus de temps sur sa board que le web.

« Pour moi, rider c’est prendre sa board, quelle qu’elle soit et aller rider, se faire plaisir. Longboard ou skateboard, on s’en fou, juste ride et amuse toi. »

Y a-t-il des différences aux USA de ce point de vue là ?

Je ne pense pas qu’il y ai de grandes différences sur ce point de vue.

Qu’est ce qui t’as poussé à partir à San Diego?

Mon job ici n’est pas vraiment un travail. En fait, je ne travaille pas, je prends plaisir à faire tout ce que je fais. Avec ma business partner, on a développé l’argile verte prête à l’emploi pour le marché nord américain – http://www.the-clayers.com/. Un produit que j’utilisais beaucoup pour soigner mes blessures et que je ne trouvais pas aux USA. J’ai étudié la raison de cette absence et me suis dit que mon réseau devrait m’aider. J’ai juste vu une opportunité à saisir et je me suis lancé en choisissant San Diego comme lieu de résidence. Je ne voyais plus vraiment d’opportunités pour moi d’aller plus loin professionnellement, puis je voulais vivre mon rêve, être un skater pro, rider avec les pros, avoir des contrats… Je voulais travailler là-bas. Rêves et volonté m’ont motivé à quitter l’Europe, puis travail et acharnement ont été les clés pour en arriver là.

Penses-tu que tu aurais pu faire la même chose en France ?

Absolument pas. Je n’aurais pas pu rider avec les meilleurs mondiaux et me professionnaliser. Tout simplement par la taille de ma board et l’implication dans mon travail. Je ne dis pas que c’est impossible en France, regarde Laurent Perigault, Spoky, Aurélien Giraud (vainqueur Tampa Am), Robin Bolian… Tous ces Français ont réussi à se faire un nom, même aux USA. Côté boulot, je pense que tout est possible où que tu sois, mais le marché sur lequel je suis avec mon produit est déjà saturé en France, mais nouveau aux USA. Après, je pense que la mentalité américaine facilite un peu plus les choses, mais il faut se méfier, il y a beaucoup de grandes bouches. Il faut juste être consistent et positif où que tu sois, quoi que tu fasses.

index 2Tibs aux côtés de Louis Pilloni

 En rapport avec l’effervescence US, que manque t-il à la France pour permettre au longboard de s’affirmer davantage ?

Il ne manque pas grand-chose. On a quand même de bons spots (Alpes, Pyrénées,…), je pense que c’est un manque d’utilisateurs, une culture différente. C’est une question de temps, il faudrait simplement plus de personnes déterminées et actives pour créer des utilisateurs plus “pointus” et permettre à un plus grand nombre de rider. C’est juste une histoire de mentalité et de culture, je pense que la motivation est là, mais c’est surtout une question de temps.

Le skateboard a-t-il fait de toi ce que tu voulais être ?

Je ne sais pas, mais je peux dire que le skateboard m’a apporté beaucoup. Je ne suis pas sûr que sans le skateboard j’aurai pu apprendre à parler anglais, espagnol comme je le fais aujourd’hui, je ne pense pas non plus que j’aurai voyagé autant, ni rencontré tant de personnes. Le skateboard a fait de moi ce que je suis aujourd’hui, j’ai juste retranscrit dans ma vie ce que j’ai appris en skatant, en étant déterminé et en apprenant à me relever après les chutes (moments difficiles). Ça m’a apporté cette chose qui me dit que tout est possible.

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Depuis combien de temps n’as-tu pas roulé une descente en France ?

La dernière fois, je dirai que c’était en 2013, quand je suis revenu en France pour récupérer mon VISA. J’ai ridé dans les Alpes du Sud toute une journée avec des potes.

C’est donc l’occasion de revenir!  On se revoit quand ?

Il y aura toujours des occasions de revenir 🙂 Mais si on se revoit, on se fait un ride en descente, c’est certain !


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: Chad Hardgrove

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