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Interviews, Rider Focus

Sakaroulé – Expert français du LDP

18 Juil , 2016  

http://www.sakaroule.net/24H de Long Distance Pushing, cap ou pas cap ? Une équipe d’irréductibles francophones a décidé de relever le défi incontournable de l’Ultraskate qui a eu lieu en Floride en février 2016. Qui de mieux que captain’ « Sakaroulé » pour nous parler de la formation française, la compétition, de ces 500km parcourus en équipe et de la discipline du skate longue distance (LDP).

Bonjour Jérôme ! On a pu suivre vos aventures sur la toile. Peux tu rappeler aux lecteurs de UD la composition de l’équipe?

Nous étions 7 personnes au total, mais l’équipe « officielle » s’est formée autour de 4 co-équipiers &  1 coach – des personnalités complémentaires, des athlètes motivés et surtout solidaires. Notre objectif commun était de remporté le pari suivant:  parcourir une distance de 500 km en 24 heures sur le circuit de Nascar de Homestead, près de Miami. Le team :

  • François Milde:  inventeur du Paddleroad, qui révolutionne l’approche de la Distance.
  • Pierre-Yves le Donge:  shapeur des plateaux très techniques Uncool.
  • Samuel Moret:  infatigable, adaptable,  talentueux et polyvalent, qui nous a préparé un van de compétition.
  • Stéphane Conus:  notre coach, créatif incroyable, qui a réalisé une campagne de communication de niveau professionnel, capable de nous soutenir, nous motiver par une connaissance très fine des ressorts de notre motivation.
  • Et moi, Jérôme, qui compense l’âge par l’enthousiasme  et un moteur très puissant.

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Dans cette aventure, nous ont rejoint Benoît Fournier et Stéphane Jouffre qui ont souhaité réaliser une épreuve en solitaire. Tous les riders présents se sont préparés depuis l’été dernier autour de cet objectif, avec peu de doutes et surtout un bel optimisme.

Qu’est ce qui a motivé votre formation ?

Un premier essai en 2015, avec beaucoup de questions avant et une superbe rencontre avec toute la communauté du skate de Dsitance lors ce cet Ultraskate 2015. On se devait d’y retourner !

Partir à Miami est un sacré skatetrip et au final une grosse organisation. Comment vous y êtes-vous pris ?

Nous avions entrepris une collecte de fonds en 2015 qui a débouché sur un beau mouvement de générosité et de mobilisation. Nous avons sollicité les mêmes soutiens en 2016, avec RideMore (distributeur français des skates électriques Evolve, des systèmes G-bomb et des roues Sharkwheels) qui a non seulement renouvelé sa confiance, mais qui a poussé le professionnalisme à nous accompagner  en accomplissant lui-même 100 miles sur le Speedway de Miami ! J’ai également sollicité quelques revendeurs et des marques qui ont participé à notre projet : Easyriser, Blackkross, Bossa, RipTide. Ces soutiens ont permis de convier deux autres riders tentés par l’expérience, qui ont brillamment réussi leur premier Ultra en solo- Benoît & Stéphane ont atteint respectivement 150 et 200 miles. Nous avons associé à notre démarche l’Association des Paralysés de France – Rhône-Alpes pour partager cette aventure avec tous ceux qui veulent avancer.

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Quels furent les hommes à battre lors de cet Ultraskate ?

Nous mêmes! Nous savions que nous avions été les plus rapides en 2015, sans concurrence au niveau des équipes engagées. Nous avons évalué notre potentiel d’amélioration et déterminé un objectif symbolique : 500 km. Nous avons réussi notre pari, sur un format d’épreuve particulièrement difficile, qui alterne les sprints en relais tout au long des 24 heures.

La visibilité du FR/DH, Street, Slalom, FR/Dance est forte en France. Parle-nous du LDP sur l’hexagone et en Europe?

C’est l’explosion, comparable au succès du paddle sur l’eau: pour les uns, il y a une demande très forte d’une pratique « douce », tournée vers la qualité de glisse, la découverte, le plein air et pour les autres, la satisfaction de la mesure, de l’effort de long terme, l’endurance et éventuellement la confrontation et la compétition. En France le mouvement est naissant, il est principalement le fait de sportifs désireux de découvrir ou renouer avec le skate, souvent après une assez longue période loin des roulettes. Ce public est essentiellement masculin, entre 35 et 55 ans : des amateurs qui identifient assez bien le domaine qu’ils viennent explorer. Quelques skaters plus jeunes, entre 18 et 30 ans, viennent également à la découverte de la Distance : attention, transport alternatif, besoin de changer du cadre d’une discipline trop codifiée. Les atouts pour persévérer: le plaisir et la curiosité.
En Europe du Nord (UK, NL, Suède, Allemagne), on observe un mouvement qui se structure principalement autour de pratiques non-compétitives, avec une très grande envie de se retrouver et d’échanger, une effervescence créatrice généreuse. Aux USA ce secteur est également en développement – d’un côté la frange urbaine plus jeune qui est attirée par les Broadway ou South Beach Bomb, d’un autre côté une tranche plus âgée, inspirée par les cyclovia (routes sans voitures) ou les découvertes de trails, ces grandes voies cyclables. Le secteur compétitif évolue enfin très rapidement, avec une amélioration constante des performances et des modes de préparation. J’essaie modestement d’être un lien entre ces générations, ces cultures qui ne se connaissent pas toujours.

Y a t-il des pré-requis spécifiques pour pouvoir pousser loin & longtemps ?

C’est tout simple – on prend sa planche et on passe le coin de la rue…

« La Distance, c’est associer le skate à la découverte de son environnement, à la curiosité d’un dépassement de soi. »

En tant qu’expert en skate de longue distance, quelle serait la planche mais surtout le setup idéal pour se lancer dans une pratique loisirs ?

La discipline n’est pas exigeante, on peut démarrer avec un Penny, un cruiser ou un pintail – je vois beaucoup de nouveaux venus découvrir ou revenir avec plaisir vers le skate qu’ils avaient délaissé depuis leurs jeunes années. Le skate a évolué : plus grand, plus confortable, accessible, il est d’abord ludique et source de plaisir. Pour transformer sa planche avec un petit budget en machine idéale pour la balade, on va chercher en priorité à privilégier le confort : des roues tendres (76-80a) et assez grandes (70 à 80 mm de diamètre)- budget: à partir de 40€. Deuxième point important ces gommes qui permettent de rendre les trucks agiles, les ‘bushings’ : à adapter selon son poids, la taille des trucks, encore une fois on privilégie le confort – budget:  à partir de 8€. Enfin on veillera à ce que ces grandes roues ne touchent pas le plateau : il faudra prévoir une paire de pads, ce rehausseur à placer sous le truck (5€ la paire). On va découvrir que ces petites modifications de la géométrie du truck vont influer considérablement sur le comportement de la planche et vont permettre d’adopter de nouvelles techniques : la poussée alternée, le pompage, …

Et pour la compétition?

Si on se prend au jeu on va commencer à s’interroger sur ses temps, ses gestes techniques et on va chercher le matériel adapté. Le premier investissement intellectuel sera de se renseigner sur ce qui se fait, où rouler, à quelle allure, avec quelles techniques : l’application Endomondo, les réseaux ou le forum Dandystance.com sont incontournables. Le premier investissement matériel est souvent un truck très tournant, le Bennett – une star des années 70 ! – qui permet de travailler le pump très efficacement. Les roues, bushings et pads inclinés sont l’objet de réglages et de discussions sans fin.
Enfin le choix du ou des plateaux – vous serez assez vite tenté par plusieurs options : un plateau surbaissé permet une poussée plus stable, plus reposante, alors qu’un plateau avec du flex facilitera les techniques de pompage. Etape ultime, actuellement les hybrides associent un plateau court à des pattes en aluminium (ou autre) pour optimiser les différentes phases de poussée et de pompage.

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Le SUP aquatique à sa version à roulettes pour la route. Faut-il croire à cette autre pratique du longboard?
Absolument ! J’ai découvert cette pratique après 39 ans de skate et je l’ai totalement intégrée dans ma pratique depuis un an : on peut enfin mobiliser le haut du corps en roulant et même coordonner les mouvements de tout le corps. La version « fun » reproduit les codes de la mer : énorme planche de 1.50 à 2 mètres, propulsion méthode « gondolier », effet séducteur garanti ! La version « Paddleroad » est très technique, associant un stick en carbone à lame « Pistorius », un produit en constant développement tant au niveau du matériel, qui associe skaters et prothésistes, qu’au niveau de la technique de propulsion.

 

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500km et après ? Quels sont vos projets pour 2017?

Nous avons lancé un mouvement : la compétition par équipe. Il a fallu aller sur place deux fois et établir deux records du monde (2015 et 2016) pour démontrer que ce jeu est amusant, qu’il offre des possibilités nouvelles. Nous avons passé la barre des 300 miles en 2015, au grand étonnement de tous les participants, puis nous avons remporté notre pari de 500 km (310 miles) en 2016.
L’équipe Vandra a relevé le défi et relancé la compétition à l’Ultraskate des Pays-Bas au mois de juin 2016 avec une distance de 513 km. Les Américains semblent se prendre au jeu et évoquent la constitution d’équipes par Etat, avec peut-être une épreuve dédiée.

Nous repartons avec un projet un peu fou : réaliser 1000 miles en 24 heures avec notre petit groupe. Rendez-vous en février 2017. Le jeu en vaut la chandelle, nous espérons que de nombreux skaters viendront s’y essayer : l’aventure commence au coin de la rue.

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