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High-5

Johan Bouet

4 Mai , 2016  

Un rider, un style, une histoire, une passion vivante… Pour certains d’entre nous, le longboard est bien plus qu’un simple lifestyle. Johan fait partie de ceux qui ont choisi le skate comme le fil rouge de toute une vie.  L’écho de notre ami Pierrick Aubert a résonné du Dévoluy jusqu’à Morzine pour un entretien avec un rider bourré de talent. High-5 Johan Bouet !
Salut Johan, content que tu te prêtes à cette petite interview. Pour ceux qui ne te connaitraient pas encore, ce qui est bien dommage, qui es-tu et d’où viens-tu ?
Salut Pierrick! Le plaisir est partagé copain! Alors pour la présentation, je m’appelle Johan, j’ai 32 ans et je suis né à Mont-de-Marsan dans les Landes. Je suis arrivé à Dijon à l’âge de 4 ans où j’y ai passé le plus clair de mon temps. Jusqu’à cet hiver où j’ai enfin décidé de partir vivre dans les montagnes, au plus près de la nature et des spots, du côté de Morzine en Haute-Savoie.
Tu skates depuis des lustres et comme nous à UD Mag, tu as du recul face au succès du skate aujourd’hui. Rassure-nous, pour toi le longboard c’est bien plus qu’un sport ?
Le skate, c’est une grosse partie de ma vie. J’ai grandi dans une famille très portée sur les sports outdoor et j’ai eu la chance de pouvoir goûter très jeune à des activités plus ou moins « extrêmes » : voilier, randonnée, escalade, spéléo, canyoning, bicross… Plus tard sont arrivés les sports de glisse: skate, surf & snowboard. Je pense être monté sur mon premier skate à l’âge de 5 ans, puis il m’a accompagné toute mon enfance comme activité ordinaire, au milieu des jeux de bille, de la corde à sauter, de l’élastique, des cabanes dans les buissons, du bi cross et de l’escalade. Il est devenu une réelle passion au collège pendant ma période « grunge », avec une pratique intensive du street. Toutes les autres activités sont devenues bien plus secondaires suite à ce coup de foudre. J’ai donc bouffé du trottoir, du curb, des marches, du rail et du park jusqu’au début de mes études supérieures 8 ans plus tard.
cats De 1988 à 2000
Ensuite, ça a été une période assez spéciale de ma vie où la musique a pris le dessus, avec tout ce qui tourne autour: fête, drogues, débauche… Le skate est resté sur le haut de ma commode quelques années. Il a laissé place à la basse électrique, les bœufs, les répétitions, les concerts, avec notre groupe de dub électro b.Y.o.S., les free et les platines. Après plusieurs années je me suis lassé de la fête, j’ai mis un terme à pas mal de mauvaises habitudes. Le groupe a splité et vu qu’il ne me restait pas grand-chose pour m’éclater, j’ai ressorti la planche à roulettes. Ça devait être il y a 6 ans.
Music
Le retour au skatepark de la Fontaine d’Ouche (RIP) et le désintérêt grandissant pour les tricks m’ont amené à faire plus de courbes, de « air » et de rechercher la réelle sensation plutôt que la simple satisfaction de replaquer une figure. A l’époque il m’arrivait de sortir la longboard, découverte avec mon père pour retrouver les sensations du surf, puis je suis tombé sur des vidéos de slide avec les mains au sol, de descente et ça m’a donné envie. J’ai rencontré 2-3 riders sur Dijon, début 2011 et j’ai commencé à descendre la même année,  avec notre premier freeride en octobre 2011, La Pistole (DDE69).
Johan à la Pistole 2011La Pistole 2011
Depuis le skateboard de descente est devenu ma vie, il oriente mes choix et me permet de me connecter avec qui je suis. Désolé, je m’égare un peu en racontant ma vie, mais je pense que c’est important pour comprendre mon regard sur le skate en général. Donc pour répondre à ta question : oui la long c’est bien plus qu’un sport, c’est ma façon d’appréhender la vie, de dire merde au conformisme et à la société de consommation, de m’épanouir en tant qu’être vivant libre et conscient, de savoir qui je suis, et qu’est-ce que je fous là bordel ! (rires)
Yzeron 2013 par Guillaume BoisPhoto: Guillaume Bois
Hippie du skate, shredder de roues ou puriste de la planche? Tu te définirais comment en tant que rider ?
Si je devais choisir parmi ces 3 étiquettes, je dirais puriste de la planche, clairement. J’associe le skateboard à du surf de bitume, avec toutes ses facettes. Le cruising/carving/dancing, je le rapproche de la longboard en surf. Le street c’est clairement de la shortboard, le côté agressif et technique. Enfin, la descente, le downhill, ça me fait penser au surf de gros: des gros guns, des grosses vagues, des grosses couilles, de la vitesse, du danger, et de grosses sensations. Et à la rame s’il vous plait! J’ai beaucoup de mal avec le tracté, les jets skis, au même titre que je ne veux pas entendre parler de moteur sous un skate.
J’essaie d’être assez polyvalent, de varier les plaisirs. J’ai fait beaucoup de street, un peu de dancing et je compte me remettre à la courbe. Mais je t’avouerai que je reste pas mal accro à la pente, que ça soit freeride ou downhill, avec une grosse préférence pour la vitesse, les gros freinages de cochon, en grabbant la board, en posant la main au sol ou en restant debout. Donc au final, je rentre dans les 3 catégories : hippie, shredder et puriste. Die posers, die !
Depuis quelques mois, tu roules pour la marque allemande Hackbrett Longboards. Raconte-nous un peu ta rencontre avec eux. C’est un vrai coup de coeur, non ?
Hackbrett Longboards… On va commencer par le tout début : printemps 2012, ma première saison, mes mentors de la descente sur route ouverte, Kolt et Greg Taffe. Kolt roulait une Hackbrett Schnelle, je la trouvais très belle, épurée, au shape de surf, finition bois, magnifique… Elle est toujours restée dans un coin de ma tête, ainsi que la marque allemande dont on ne trouvait pas beaucoup d’info en tant que novice, fallait chercher quoi.
Première journée route ouverte avec Kolt, Boris et Greg, screenshot par Pti Loup – 2012Première journée route ouverte avec Kolt, Boris et Greg, screenshot par Pti Loup – 2012
J’ai continué à m’intéresser de loin à la marque, puis j’ai fait la connaissance de Matt Elver lors d’une Koffee Schnapps (freeride Alsace Downhill) qui roule, fabrique et travaille chez Hackbrett. Je l’ai revu plus tard sur le même freeride, louchant de plus en plus sur ces merveilles. Puis à la KS de juin 2015, on a bien discuté, j’ai sympathisé avec la troupe d’allemands qui roulent pour Landy/Bear/Hawgs et le shop Layback. Matt m’a dit qu’il serait ravi de m’accueillir dans l’équipe. De mon côté, éternel indécis, j’avais besoin d’y réfléchir, puis l’automne dernier, j’ai dit banco!
De là est née notre « collaboration », je ne regrette vraiment pas. Ils font un travail exceptionnel et ça se voit sur les planches: variées, customisables, solides, ergonomiques, performantes, avec des finitions à faire bander un eunuque. Je suis parti leur rendre visite à Fribourg, rencontrer toute la famille, filer un coup de main, essayer des boards et faire du skate. Ce qui me plait chez eux c’est leur côté authentique, artisanal et qualitatif. Ils sont dans le milieu depuis de nombreuses années, toujours à l’écoute du rider, les modèles et les techniques évoluent. Ils sont très actifs sur la scène locale allemande et je me fais un plaisir de faire connaitre leur travail aux riders français, parce que leurs boards en valent vraiment la peine.
Les Gets 2016 par Ben PelletPhoto: Ben Pellet
Et une dernière question pour profiter ensemble du bitume. On te retrouve sur quelles routes cette saison 2016 ?
Cette année, comme chaque année, ça va rouler grave! Je ne vais pas bosser avant l’hiver prochain, je me sers des sous gagnés cette saison hivernale pour partir un peu à l’étranger et participer à mes premières grosses compétitions. Il y a des routes que je ne veux pas louper, comme Almabtrieb en Autriche, Kozakov en République Tchèque et Salzadella en Espagne. Niveau freerides, je vais commencer la saison en mai par l’Outdoor Mix Festival dans les Hautes Alpes, belle occasion de revoir tous les copains et toutes les copines après l’hiver. Ensuite j’enchaîne sur Pipay vers Grenoble. En juin, je fais l’Alpenrauschen en Autriche si mon inscription est validée, sinon je me rabats sur le Beton On Fire d’Altenberg… Après viendra Marchaux, ou bien la KS si je n’ai pas réussi à m’inscrire… En juillet, je pars pour Almabtrieb, j’enchaîne sur Kozakov. En août, gros trip de prévu: Saint Mury, Alpes, Peyragudes, Pyrénées, Salzadella, Alicante. Pour la suite, on verra, il y aura encore pas mal d’events, avec le Go-Goats etc … Inutile de dire qu’entre chaque événement, ça va rider sec, en road trip ou bien à la maison, dans les Alpes, du côté de Morzine. Si j’ai le temps et les sous, j’aimerais bien aller dans l’ouest et en Bretagne aussi, il y a pas mal de bons collègues là-bas, l’ambiance y est particulièrement conviviale, parait-il. Et bien sûr, je viendrai t’embêter dans le Dévoluy mon ami, surement le mois prochain avant ou après l’Outdoor! Donc une grosse saison skate en prévision! Ride to live, live to ride another day !
2014 par Stefan KolpatzikPhoto – Stefan Kolpatzik
Merci qui?
Papa et maman pour leur soutien et inspiration, Matt Elver, Hackbrett Longboards, les collègues de ride, de son, de fête, de Dijon et d’ailleurs, Shifty Boardshop, Guillaume et FX de l’Alterzone, Fasboa pour son commerce de fringues équitable, Ricolas Norbert et 9.81 Boards, toutes les personnes avec qui j’ai pu partager de bons moments, Poupou, la Drôme Team, sans qui je ne roulerais pas comme ça à l’heure actuelle (rires), l’URAR, toutes les Martines et tous les Jean-Claudes, toutes les assos et crew qui se bougent pour nous offrir ces beaux rassemblements d’allumé(e)s à roulettes… Vive le freeride !!! Et merci à toi Pierrick pour cet échange, ta gentillesse et ta joie de vivre. Bisous !
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Photo une: Ben Pellet

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